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Cap sur les vins ! Climat et vignobles en Afrique du Sud

2 Oct 2017

| par

 

Philippe est Alsacien d’origine.

Suite à un voyage en Afrique du Sud où il découvre du haut de ses 24 ans la richesse du patrimoine vinicole et l'avancée technique des viticulteurs de ce pays austral, il propose à son retour en France d’y installer une succursale de l’entreprise Michael Paetzold Wine Services Ltd, qui accompagne les vignerons pour améliorer la qualité de leurs produits.

 

Le pari est pris, et Philippe s’installe avec sa famille à Stellenbosch, the place to be en matière de vins sud-africains. Il va donc démarcher les grands et petits domaines de Stellenbosch et de la fameuse Robertson Valley pour leur vendre son expertise et le savoir-faire œnotechnique de l’entreprise.

 

 

 

Les vins du Cap et les défis climatiques

 

Dans la vallée de Robertson, sur les rives de la Bree, on cultive surtout du sauvignon blanc et du chardonnay pour le vin blanc, mais aussi du cabernet-sauvignon, du merlot, du cabernet franc et du pinot noir, un peu comme dans nos vignes bordelaises ou bourguignonnes !

La province du Cap jouit d’un climat particulièrement tempéré ; avec des courants marins tièdes convergents le long de ses côtes et une latitude aussi éloignée de l’équateur que le sud de l’Espagne, dès que l’on prend un peu d’altitude, ce qui est le cas tout autour de la ville, les saisons sont assez similaires à celles de nos campagnes françaises.

 

Carte des domaines de la vallée de Robertson.

 

En fonction du climat, la récolte peut être en effet plus ou moins bonne, et les prestations qu’offre l’entreprise de Philippe permettent par exemple de filtrer le vin, de le stabiliser, d’optimiser l’hygrométrie (taux d’humidité) des barils où le vin vieillit, ou corriger encore d’autres écarts dans la composition chimique des produits de la vigne.

 

 

 

Aujourd’hui, quinze ans après son ouverture en 2002, la filiale sud-africaine emploie une trentaine de personnes au service de plus de 500 domaines de la région du Cap, soit 9 domaines sur 10. Et la demande ne fait qu’augmenter !

 

« Avec des étés chauds, des hivers cléments et la raréfaction de l’eau, la terre en ressent forcément les effets et le raisin aussi, par voie de conséquence.

 

Les vignerons de Robertson vendent un produit connu et reconnu, qu’ils veulent constant ; ils donc besoin de corriger les écarts chimiques de leur vin pour retrouver le goût caractéristique de leur vin que recherchent les clients », explique Philippe.

 

« L'un des défis majeurs de la viticulture en Afrique du Sud est qu'avec des pics de chaleur en été, on n'a pas le droit à l'erreur, micro-biologiquement. Les techniques axées sur l'hygiène sont plus modernes qu'en France. Les vins blancs sont à récolter rapidement pour éviter la perte d’arôme due à la chaleur, et les vins rouges tardivement pour atteindre une pleine maturité, même si les alcools finissent trop haut. »

 

 

Philippe raconte justement :

 

« Une des prestations que nous effectuons de plus en plus ces dernières années, avec la méthode champenoise pour les vins effervescents, est la réduction d'alcool : quand l’été est très chaud, le raisin est davantage sucré au moment des vendanges ; on ne peut le récolter avant, car même s'il est déjà sucré il n'est pas forcément mûr.

Une fois en cave et la fermentation achevée, le taux d’alcool dans le vin peut être élevé : on obtient parfois des vins rouges à 17 ou 19 % !

Alors nous réalisons un traitement membranaire du vin par osmose inverse et une distillation du perméat, et le vin retrouve son 12 ou 14 % d’alcool habituel. »

 

Philippe supervise un technicien en plein travail sur la récolte d'un viticulteur.

 

 

Le vin, prodrome d’un changement

 

Philippe est heureux de pouvoir offrir ses services à la stabilisation du vin et la pérennisation de cette industrie à forte valeur ajoutée internationale ; il a cependant conscience que les conditions climatiques sont moins propices aux récoltes idéales d’année en d’année, et d’autres problèmes surviennent.

 

Pendant mon séjour au Cap, tout le monde ne parlait que du stress hydrique de la région : les barrages et les réserves d’eau abreuvant la deuxième zone urbaine du pays et ses quelque 5 millions d'habitants étaient quasi à sec.

Campagnes publicitaires, reportages et affichages publiques encourageaient la population à économiser l’eau au maximum.

 

 

 

Exemple de reportage d’une chaîne d’informations

 

 

Et puis, passant soudainement d’un extrême à l’autre, survient un cataclysme que les médias ont nommé le monster storm : un violent orage qui vient frapper les côtes sud du pays.

Les autorités déconseillent aux habitants de sortir de chez eux, les écoles sont fermées et l’accès aux grandes routes restreint.

Suite aux pluies torrentielles et aux inondations, l’orage et les vents forts provoquent des incendies dans la région de Knysna et dans vingt autres localités autour du Cap.

Les locaux se mobilisent alors pour rassembler et envoyer des vivres et des biens de première nécessité aux quelque 10 000 personnes évacuées ou ayant perdu leur maison, dans les flammes, dans la tempête ou dans les inondations. Six autres y ont perdu la vie.

 

Le lendemain du monster storm au Cap, le gros de la tempête s'éloigne vers l'est en direction de Knysna.

 

En à peine plus d’une semaine passée dans cette province, j’y a vu le climat passer d’un extrême à l’autre, et les gens se demander ce qu’il fallait faire.

Je crois que le dérèglement climatique est l’affaire de tous, et si des manifestations ponctuelles répétées de ce changement, des catastrophes que nous appelons encore "naturelles", sont parfois attribuées à d’autres causes, sachez que les effets s’en ressentent aussi sur le long terme, comme dans la qualité du vin en Afrique du Sud qu’il faut rectifier chaque année un peu plus.

 

 

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