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  • Antrim

Lyon d'Automne


Lyon relie deux rivières comme nous y lions nos pensées passagères. Lyon se dresse assez fière entre une colline aux prières et une autre ouvrière. Lyon est à la confluence de Rhône et Saône comme à celle des cultures.

Je suis arrivé dans cette ville à l’âge où ne pas savoir quelque chose était encore un problème. Mes professeurs me disaient : « Tu ne sais pas ce qu´est un tablier de sapeur ? Ni la cervelle de Canuts ? Tu n´as jamais entendu parler de la primatiale des Gaules ? Ni même d'une petite traboule ? Ou des fameux bouchons lyonnais ? »

Ah si ! je leur disais enfin ; ça, les bouchons, j´ai fait connaissance sous le tunnel de Fourvière… J'avais honte.

Aujourd'hui, je suis fier de ne pas avoir su : j'ai pu apprendre. Apprendre à connaitre.

J'ai eu tellement de plaisir à découvrir cette ville, comme un nouveau monde, pendant mes années d´études ; symbole de mon indépendance, de mes premières rencontres de l'inconnu, comme un premier pas dehors, à l'heure que je voulais, dans la direction que je voulais.

C´est au pied du grand amphithéâtre romain, je me souviens, serti de ses grosses pierres dans les pentes de Fourvière, que je me suis mis à écrire.

Au creux d'un carnet noir, j'écris donc mes mémoires, Car dans trente ans je sais que je m'en souviendrai.

Il m'est curieux de songer que lorsque je pars de chez moi, c'est pour aller chez moi ; et réciproquement. De chez mes parents à ma chambre d'étudiant, mes repères sont déplacés, flous. J'ai du mal à me dire que ce foyer remplis de jeunes de toutes origines, cette chambre de 9 m², sont chez moi.

Par ailleurs je sais que dans peu de temps, dans 4 mois exactement, je n'y serai plus. Ma situation immobilière n'est que provisoire. Je pars bientôt pour une "immersion socio-professionnelle du semestre 2". Ca veut tout dire - d'ailleurs tout est dit. Dès le mois de décembre, donc, autant dire un clin d’œil, tous ces nouveaux amis continueront l'aventure sans moi.

Mais en réalité... — je prends du recul.

Il fait froid, il fait beau ; assis là, sur ce banc, au pied du grand amphithéâtre de Fourvière, avec pour seuls bruits venant perturber mes réflexions les rires lointains et résonnants d'un groupe de Japonais et le vol d'un corbeau, je contemple.

Le soleil déjà bas dans le ciel de novembre vient réchauffer les pierres, les piliers effondrés, érodés par le temps, vaincus par la simple nature. Un gros chat tout ballot s'est retrouvé coincé tout en haut d'une paroi de verdure ; il ne peut plus bouger ! Un couple, quelques passants, et partout cette paix ; quand l'âme des Romains apaise les Lyonnais.

Voilà, j'ai pris du recul — et une grande bouffée d'air. Et comme à chaque fois, j'en viens à la même conclusion heureuse, qui m'assure d'un bonheur inconditionnel.

En réalité, écrivais-je, je m'en fous. Qu'ils fassent bien ce qu'ils veulent quand je ne suis pas là, qu'ils m'espèrent, qu'ils m'oublient, tout ça m'est bien égal ! Droit dans mon égoïsme, fier de ma solitude, et faussement social, certes par habitude, observateur du monde, fidèle d'Épicure, peu m'importent les Autres, en fait ; je n'en ai cure.

Extrait de "Le Corbeau et le Chat", Ven. 18 nov. 2011, Lyon.

En 5 ans, Lyon a beaucoup changé.

J´ai vu bouger cette ville au même rythme que mes sens, se moderniser au même pas dynamique que mes pensées.

On dit qu´elle vit au rythme de ses deux cours d´eau. C´est impossible ; les deux n'ont pas le même rythme du tout.

Bienveillant, bleu, royal, le Rhône trône entre ses berges en herbe et semble appeler au voyage, comme ses cygnes et ses clins d´œil riants au soleil, vers le sud, vers la mer.

Traversons Bellecour ou les Cordeliers et nous voilà sur des quais jaunes, chauds, durs et droits.

Glissant avec vivacité, avec l´énergie des collines, la saumâtre Saône, sans reflets ni couronne, descend des monts du Beaujolais. Elle porte avec elle dans les plis de sa robe les tourments des Lyonnais. Elle porte nos regards vers le nord et les coteaux ensoleillés, et l'on peut entrevoir, dans la lie de la rivière, l´histoire des vignerons.

Ces deux opposés, baignant chacun leur coté de la ville, s´observent, sinuent, s´ignorent, mais se rapprochent inexorablement, et, soudain, au détour d´un musée, confluent.

La Saône court à sa perte jusque dans les bras de son rival vainqueur, elle se glisse dans son lit, sans s´y mêler, comme tirant les draps pour elle avant de s´abandonner finalement aux avances du Rhône, qui avance, qui avance, qui lui met de son bleu dans ses limons verdâtres.

Lyon est la troisième plus grande ville de France mais elle s´habite comme un regroupement de petits villages. Chaque quartier a ses petites activités, ses animations sur la place, ses promenades au parc et ses glouglous de fontaine où s'ébrouent les pigeons et barbotent les enfants le dimanche.

Chaque arrondissement réserve son lot de surprises ; ses avenues y côtoient ses ruelles tranquilles, ses écoliers se faufilent entre les gens d´affaires, ses amoureux s´y enlacent devant ses vieux nostalgiques. Pourtant, chacun font un tout, et apporte aux autres sa spécialité.

La vieille ville, étirée entre les quais et les pentes, a celle que je préfère.

Entre les quais de Saône et l'ombre d'une colline : Vieux Lyon.

Chaque bâtiment y est toute une histoire, voire un coin de miroir de l´histoire de la ville. Regardez tous ces badauds qui se limitent aux tables des pubs et aux blondes qui moussent sur les terrasses des bars.

Mais levez-donc les yeux ! Voyez toutes ces petites fenêtres, ces yeux tout alignés qui observent vos crânes quand vous fixez les pavés. Poussez une ou deux portes, montez deux ou trois marches, et découvrez des paradis cachés, frais, tranquilles, au creux de quatre murs, derrière quelques alcôves au fond d´une traboule.

Déambulez-y donc, cherchez-y les sculptures ; lisez les quelques mots gravés sur une voûte par quelque légende oubliée. Débusquez les symboles et les messages cachés, glissés sur une fresque ou près d´une gargouille par le ciseau d´un franc-maçon ou le pinceau d'un alchimiste.

Et même si ces merveilles devaient vous rester cachées, que chaut ! Laissez-les aux initiés, elles n´en seront que mieux gardées. Mais alors consolez-vous, au coucher du jour, lorsque la lumière du ciel laisse place à celle des rues, en levant votre regard jusques aux poutres de ces chambres, jusqu´aux vitrines étranges éclairées par-dedans,

Un à un, ces yeux s´allument, ouvrent un regard jaune et curieux sur les passants fatigués. L´on y peut voir alors de ces ombres qui hantent les intérieurs inatteignables, ces châteaux dissimulés par des vieilles façades.

Alors, toute la nuit, elle veille ; elle surveille. On peut voir ses lumières depuis les avenues, elle garde un œil ouvert sur chacune des rues, et même les pavés en rangs ensommeillées reflètent ses lueurs à toute heure et tout heurt.

Rhône d’argent sous un ciel d’or Mon cœur pour Lyon est infini ; L’âme est cité et son décor A sur mon âme un prix de vie.

En ses rues j’évolue comme en un temple calme. Dans ses nefs se découle une aurore prétentieuse Sur les pavés et sur mon corps – elle en est le sésame – Tous les matins elle veille encor, en mère chaleureuse.

Et puis, au petit matin, quand le soleil s´annonce en lançant des coussins roses au-dessus de nos toits, que le ciel semble dire déjà : viens, sors du lit, la matinée est douce ; quand les immeubles s´éclairent de haut en bas, étage après étage, que les églises tendent les grands bras de pierres jusqu´à ces cieux ouatés, c´est toute la ville alors qui s´en va fourmiller.

Et chaque jour est une calme merveille dans la ville de Lyon. Les métros y sont propres, les trottoirs entretenus, les parcs agréables et les gens avenants.

Au cœur de Lyon, si vous y cherchez bien, vous trouverez mon cœur quand mon corps est ailleurs.

À voir aussi (le lien s'ouvrira dans un autre onglet):

Fourvière aux mille et un visages.

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Confiance en soie du soir au satin

#nature #art #photo #lyon #france

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